Georgia O'keeffe: pionnière de l'art américain.

Publié le 28 octobre à 13:02

Georgia O'keeffe: pionnière de l'art américain

Georgia O’KEEFFE : Pionnière de l’art américain. Début de l’abstraction

1887 – 1986

Quel aurait été le destin de ce professeur d’art  sans sa rencontre avec Alfred Stietglitz ?

Georgia O'Keeffe est largement reconnue comme étant une figure majeure dans l'histoire du Modernisme aux États-Unis. Au cours de sa vie, elle était devenue une icône en Amérique. Fille d’immigrant Irlandais et Hongrois, issue d’une famille de 7 enfants. Elle meurt à Santa Fe au Nouveau Mexique.

Georgia O'Keeffe a peint des formes abstraites. Elle avait son propre style, elle était très indépendante et aimait sa liberté, mais n’était pas intéressée par l’Art Européen. Elle étudia à l’Art Institute de Chicago.

En 1912 : Elle découvre le travail du peintre Artur Wesley Dow qui lui apprend des nouveaux modes d’expression : harmoniser les couleurs, peindre dans l’esthétisme et la précision. Dow aura une influence marquante sur elle. 

En 1914 : Au travers des œuvres de Kandinsky, O'keeffe a développé un intérêt pour la synesthésie. Du spirituel, l’écoute de la musique, Elle est toujours entre l’abstrait et le figuratif. 

En 1915, elle enseigna au Texas.

The Evening Star series : l’observation des formes géométriques, elle appréciait beaucoup l’aquarelle. 

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En Avril 1917, elle exposa en solo à la galerie 291 mais n’était pas présente pour le vernissage. La Galerie ferme ses portes pour cause de difficulté financière dû à la première Guerre Mondiale.

En mai, elle s‘était rendu à NY et Stieglitz y réinstalla son exposition. Une relation par correspondance débute entre eux sur l’art pendant 2 ans, il a 52 ans et elle n’en a que 29 mais ils étaient en parfaite communion intellectuelle et spirituelle, elle dans la peinture et lui dans la photographie. C’est ainsi que Stieglitz proposa à Georgia O’Keeffe le montant de son salaire de professeur pour qu‘elle se consacre entièrement à l’art. Georgia est née dans une ferme et par conséquent n’aime pas la ville, elle séjourne fréquemment au Nouveau Mexique. Elle était très solitaire, très indépendante, elle avait ce caractère très expérimentateur. « j’essaie de peindre ce que je vois, de l’abstraction des formes et des couleurs. »

L’influence de Kandinsky est devenue clé dans son travail : la musique, la couleur, les compositions. 

« Personne m’a enseigné le dessin » 

«Red and orange streak, 1919 »

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Cette période révèle aussi O'Keefe comme étant une coloriste douée. Les peintures vives des paysages de montagne de la Virginie et les plaines du Texas sont frappantes et démontrent son habile maîtrise de la couleur. O’Keeffe et Stieglitz se marient en 1924. Ils travaillent beaucoup en série. Elle a été influencée par la photo. Stieglitz a pris beaucoup de photos d’elle nue, on remarque sur les photos qu’elle est très déterminée, simple. Mais elle n’est pas frivole.

En 1928, tous les deux s’installent à NY et habitent au 30ème étage d’un Hôtel. Ils partagent le même regard : elle peint des gratte-ciel pendant 5 à 6 années juste avant la crise de 1929. Elle aime les nouveaux challenge et lui prend des photos de  NY« Je sais qu'il n’est pas fréquent de travailler autant en hauteur, à l’intérieur d'un grand hôtel en plein coeur d'une ville aussi vivante, mais je pense que c’est exactement ce que l'artiste d'aujourd'hui a besoin pour se stimuler... Aujourd'hui, la ville est quelque chose de plus grand, plus complexe que jamais »

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 En 1929, elle arrête de peindre NY par contre Stieglitz continue à prendre des photos de cette ville, tous les deux vivent une belle histoire d’amour. L’appel de la nature étant trop forte, elle fit des séjours au Lake George ou la famille de Stieglitz possède une résidence d’été. 

« Framehouse Door and Window 1929 » : Elle simplifie les formes. 

« Lake Georges Barns » : la campagne, les fermes, l’identité américaine, elle évite les formes organiques. 

« From the Lake 1924 » :  la Force de la nature étant toujours importante, elle retrouve l’essence de ses tempêtes qu’elle reproduit sous forme abstraite,

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« Autumn trees » : comparaison avec Cezanne Georgia O’Keeffe était une grande randonneuse, c’est aussi la période où elle se détacha de Stieglitz. NY n’est pas le centre de l’art. Sa santé est fragile, elle à un cancer au sein, elle se fait opérer. 

Et pendant ce temps Stieglitz a une liaison avec une riche héritière. Donc Georgia O’Keeffe décide d’aller s’installer de manière permanente au Nouveau Mexique.

Elle resta néanmoins très proche de son mari. 

« Quand je suis arrivé au Nouveau-Mexique, je me le suis approprié. Dès que je l'ai vu, c’est devenu mon pays. Je n’avais jamais vu quelque chose comme ça auparavant, mais nous étions en parfaite harmonie. Il y a quelque chose dans l'air de différent, le vent est différent. Je ne devrais en dire trop à ce sujet parce que d'autres personnes pourraient être intéressés et je ne les veux pas intéresser ».

A cause de ses tableaux abstraits, elle rejette ses interprétations sexuelles réductrices et elle passe à la figuration. O'Keeffe a commencé à transformer son style : « Quand les gens voient des symboles érotiques dans mes tableaux, ils sont clairement en train de parler de leurs propres affaires »

Dans quelques salles de la Tate modern, on retrouve ses plus célèbres tableaux, notamment ceux représentant des fleurs très colorées, très fraîches et sensuelles.

En 1932 : «  Weed White Flower N°1 » « personne ne regarde une fleur, je veux vous faire voir ses fleurs à travers mes yeux »

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Elle était très proche de Paul Strand un photographe américain qui a une culture esthétique, il prend des photos en frontal.

 Il lui a appris à cadrer et à être très nette dans ses peintures. Georgia O’Keeffe a peint 300 fleurs et se concentre sur l’épanouissement de celle-ci. Elle joue sur la symétrie. Elle adore les fleurs mais ne veut pas en faire une lecture féminine.Sa retraite dans le désert la conduit à des représentations plus minérales et des paysages de montagne aride. Elle était proche des indiens et collectionna des os :

« From the Waraway, nearby 1937 » 

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Une œuvre surréaliste, loin de NY.

« Quand je trouvais de beaux os blancs dans le désert, je les rapportais à la maison ....

J’utilisais ces os pour exprimer à quel point, pour moi, le monde dans lequel on vit est grand et merveilleux.

 

Dans son immense collection d’os, les qualités chromatiques sont importantes et les nuances sont fortes. Son style est surréaliste et très imaginatif.

Il n’y a aucune proportion et aucune perspective, ce sont des images très solitaires. 

Les coups de cœur de Pébéo : « Blue sky 1941 » The black Place III 1945 : Sa discipline est le dessin.

Toutes ses peintures commencent par le dessin : 6 toiles en 1944-1945. « My last Door 1952-4 » Une géométrie extrêmement réduite. Elle a peint ce tableau à la mort de Stieglitz.

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« It was blue and green  1960 »                                                 

 

« Sky above clouds IV 1965 » : un sentiment d’immensité, inspirée par les nuages qu’elle peut contempler en avion pour se rendre au nouveau Mexique.

                                           

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Cette exposition à la Tate Modern de Londres rend hommage au siècle O’Keeffe, qui à ce jour détient le record de l’œuvre réalisée par une artiste féminine la plus chère du monde.